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Press Release

Prisonniers "Disparus" en Guinée
Amnesty International

L’Horreur !!

Comme chaque année, la date anniversaire des exécutions massives du 18 Octobre 1971  nous rappelle les périodes inconcevables d’une République digne de ce nom. A la vue des photos des disparus, avec toutes empreintes de douleur que leurs visages nous renvoient, notre cœur se serre, et pleure encore plus fort que les autres fois.

La première visite de l’endroit où ces exécutions ont eu lieu,  au pied du Mont Kakoulima, en 2011 par un groupe composé d’enfants, d’amis et  de rescapés de cette douloureuse date était encore bien  triste. Toute l’atmosphère  était enveloppée de deuil. Chacun pensait au sien, absent pour toujours.

Ce jour-lā,  ā 13h, après avoir visité tous les sites où étaient enterrées les victimes de ces exécutions,  le groupe se retrouva ā l’improviste devant une petite maisonnette fermée. Du petit banc où ils étaient assis  sur la véranda d’une petite maisonnette, deux petits vieux, en caftan et petit bonnet blanc laiteux, firent un petit salut de la tête au groupe.
Au même instant, quelqu’un dans le groupe murmura: « C’est l’endroit où se faisaient les sacrifices humains » !!!
Une bombe n’aurait pas fait autant d’effet et de dégâts.
On murmura, les yeux écarquillés, incrédules : « SACRIFICES HUMAINS !  « SACRIFICES HUMAINS !! » à plusieurs reprises. Chacun pensa immédiatement au sien!
Certaines femmes tombèrent, secouées par l’émotion. Des hommes portèrent les mains à la tête, criant : « Allahou Akbar, La ilaha Illalahou !! » en chœur.
D’autres essayèrent de tenir la bouche des deux mains pour ne pas hurler. Des groupes se formèrent, s’agglutinant les uns aux autres  pour aller vers la maisonnette tout en éprouvant de la crainte et de la répulsion.
Les deux petits vieux, pas impressionnés se levèrent et ouvrirent la petite porte aux visiteurs.
Une petite salle vide, glacée, avec un plancher en ciment. Deux ouvertures béantes, en forme de carré. On imagine alors la suite:
" l’arrivée des exécutants masqués, portant sur leurs épaules les corps ligotés des victimes qu’ils déposent à terre. En suite ils sortent leurs outils et s’en approchent Alors sortent des entrailles de ceux-ci les cris stridents remplis d’horreur, suivi du sang abondant qui gicle inondant la main et le couteau pointé à la gorge. Puis viennent les râles très forts au début, semblant ne jamais s’arrêter pour se terminer par un murmure à peine audible.
Peu après on entend  le  « plouf », du bruit du corps inerte qui tombe au fond du trou. La deuxième victime suit, ainsi de suite jusqu’au dernier. "
Les deux petits vieux connaissant la scène macabre par cœur imaginent facilement ce que pensent les visiteurs de ce jour. Ils préférèrent  disparaitre.
La stupéfaction et l’horreur se lirent sur les visages, chacun s’imaginant  à la place des victimes ligotées, ne pouvant même pas faire le moindre mouvement. 
Chacun  sort en marche arrière, effaré, comme anesthésié. On marche aveuglement en titubant vers les véhicules, avec le secret désir d’en finir une fois  pour toute avec cette visite éprouvante.
Bien à vous.


Hadja Hadiatou.